Vignoble

Le sol 

Si une croissance modérée mais régulière de la vigne est la condition d'une bonne qualité de maturité et d'expression de la typicité, l'humus en est la clée : véritable âme du sol, il forme avec les feuillets d’argile le complexe argilo-humique qui détermine la structure du sol permettant la circulation et la rétention d’air et d’eau, et qui par sa forte capacité d’adsorption régule l’alimentation des plantes en éléments et oligo-éléments tout en réduisant les risques de carences induites. 

C'est pourquoi après avoir rapidement généralisé l'enherbement sur notre vignoble depuis le début des années 90, notre attention se porte aujourd'hui sur les types d'herbe et leur gestion. Depuis 2008 nous la laissons aller jusqu’à maturité (qui correspond au début du dessèchement) avant de la coucher avec un rolofaca en visant les avantages suivants : 

  • le paillage de l’herbe couchée diminue l’évaporation et la température (jusqu’à 10°C au soleil en été, ce qui peut être suffisant pour éviter un blocage de la vie biologique), 
  • le microclimat est propice à la microfaune, elle-même défavorable à des attaques importantes d’insectes ravageurs, 
  • les pailles servent de support aux micro-organismes qui les feront évoluer en humus.

      

Cette approche, pour des rendements « normaux » soit 25-35 hl/ha sur nos types de sols, nous permet de ne pas fertiliser ni amender (en dehors d'un apport ponctuel d'un support de micro-organismes). 

A l'instar de Masanobu Fukuoka, chercheur japonais ayant mis en pratique sa théorie du « non-agir », nous souhaitons par cette approche cultiver la vigne en nous efforçant le plus possible de déléguer à la nature en devenant davantage paysan, celui qui façonne la paysage et l'habite. » : 

  • ne pas laisser le sol nu, tout en produisant une source et un support de la production d'humus. 
  • le role des arbres : biodiversité , agroforesterie.

    

  • oligo-éléments tirés des macérations de plantes

      

  • moutons pour la tonte hivernale et poules prédatrices d'escargots, stimulant la vie du sol par la restitution des déjections

  • arbustra

La vigne 

Nutrition :

L’idée maîtresse est qu’une plante bien équilibrée n’est théoriquement pas sensible aux maladies et ravageurs (nous travaillons depuis 1976 avec la société Samabiol qui a développé cette approche parallèlement aux travaux de Chaboussou et ceux de la méthode Lemaire-Boucher), en sachant que même avec un sol bien équilibré des déséquilibres peuvent s’observer sur la plante suite à des accidents climatiques (températures trop froides, sol trop sec, …) couplés aux besoins ponctuels et variables de la vigne : c’est d’ailleurs l'un des avantages les plus important de l’humus de tamponner les températures, la ressource en eau, les éléments et oligo-éléments ainsi que leurs interactions).

Concrètement nous n’apportons donc que des éléments et oligo-éléments par voie foliaire (y compris le cuivre, sous sa forme assimilable), notamment partiellement sous forme de purins de plantes. 

Les pulvérisations ne sont pas standardisées car nous nous adaptons aux pluviométries et carences des différentes zones. Certaines carences, outre la carence elle-même, alertent d’ailleurs sur une sensibilité à certains insectes.

Conduite :

L'objectif final d'une qualité de la vendange guide l'ensemble des opérations à la vigne. De la taille aux éclaircissages, en passant par la modulation de l'enherbement comme variable d'ajustement de la vigueur, nous poursuivons un seul but : des grappes aérées et maîtrisées en nombre et en taille, facilitant une récolte à maturité phénolique.

      

Les vinifications

La philosophie du travail en cave est très simple : accompagner, en intervenant le moins possible.

Dans le cas des vins blancs cela commence par un pressurage doux (débit faible mais le plus continu possible, donc assez long, pour obtenir des jus très clairs, sans mauvaise extraction, à l'aide notamment d'un pressoir Coquard, référence qualitative), un débourbage d'une journée ou deux suivi du départ en fermentation par les levures indigènes, puis de la fermentation malo-lactique pour les secs.

La cuvaison des rouges est pour sa part assez longue (généralement 4 semaines) mais également très douce, incluant seulement un ou deux délestage(s) en début de macération puis quelques bullages à l'air.

La plupart de nos cuvées sont elevées plus ou moins partiellement en barriques, en foudres et en jarres de 10hL.

Cet élevage, pouvant comporter un ou deux soutirages, s'étend sur une à deux années.